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Anticonstitutionnellement est-il le mot le plus long du dictionnaire?

Je ne sais pas pour vous, mais quand j’étais au primaire, on se pensait bien bons quand on était capable de dire et de lire le mot « anticonstitutionnellement ». Quel exploit! C’était le mot le plus long du dictionnaire. Ving-cinq lettres bien comptées, ça paraissait cool dans la cour d’école. Ça a duré un temps, puis on en est revenu.

Ce n’est que tout récemment que j’ai eu envie d’écrire là-dessus. J’ai ouvert mon dictionnaire et commencé mes recherches sur LE mot quand, ô scandale, j’ai vu qu’il avait été remplacé au sommet du palmarès par intergouvernementalisation. Comptez-bien les lettres, il y en a vingt-six! Bon, ça ne change rien à ce que je voulais vous dire, mais je crois que je m’étais attachée à ce mot-là, mine de rien.

En tout cas, tout ça pour dire, intergouvernementalisation est peut-être le mot le plus long du dictionnaire, mais il existe un tas d’autres mots plus longs! Ce n’est pas parce qu’ils ne se trouvent pas dans le Petit Robert qu’ils n’existent pas. Par contre, ce sont souvent des mots de vocabulaire propres à des domaines en particulier, qu’on ne risque pas vraiment d’utiliser au quotidien, à moins d’être chimiste ou médecin, par exemple. 

Alors, ces mots (et tous les autres termes techniques ou spécialisés, peu importe leur longueur), s’ils ne sont pas dans le dictionnaire, on les trouve où? Est-ce qu’il faut acheter des outils ou des documents à un prix exorbitant pour y avoir accès? Eh bien, non. Certaines source sont gratuites et accessibles au grand public. En voici donc quelques-unes.

Le Grand dictionnaire terminologique de l’Office québécois de la langue française

Il s’agit en gros d’une banque de fiches sur des termes spécialisés qui sont classées par domaine et mentionnent les équivalents anglais et même parfois espagnols ou portugais de ces termes. Cette banque a été conçue à la base pour donner accès à de la terminologie en français, ce qui était auparavant une denrée rare. On n’a qu’à penser à tous les domaines comme la médecine et l’informatique, ou on communique la plupart du temps au moyen de vocabulaire en anglais.

Il faut par contre savoir que les termes français qui figurent sur les fiches sont les termes que l’Office québécois de la langue française (OQLF) juge adéquats en fonction du domaine. Il ne s’agit peut-être pas du terme employé au quotidien dans un domaine donné. Il s’agit par contre d’une excellente référence si on veut connaître la signification d’un terme et son équivalent français selon l’OQLF.

Pour y accéder, rendez-vous au grandictionnaire.com.

Termium Plus

Il s’agit de la banque de données terminologiques du Gouvernement du Canada. On y retrouve, comme c’est le cas pour le Grand dictionnaire terminologique, des équivalents français, anglais, espagnols et portugais. C’est l’outil par excellence pour les acronymes ou les appellations officielles. La page d’accueil comporte des liens qui peuvent vous mener au outils d’aide à la rédaction et aux lexiques du Bureau de la traduction.

Termium est particulièrement utile pour la recherche de termes dans les domaines des télécommunications, du transport ou de la défense.

Pour y accéder, rendez-vous au btb.termiumplus.gc.ca.

Le TLFi

Le quoi? Le Trésor de la langue française informatisé. À l’origine, le TLF était un dictionnaire des XIXe et XXe siècles en 16 volumes et 1 supplément. Ça en fait, du livre, ça. Finalement, c’était plutôt une bonne idée d’en faire un site Web. On peut y faire trois types de recherche : simple, assistée et complexe. On peut même y faire une recherche en orthographe approximative. Ça, c’est tout simplement génial.

Il nous est tous déjà arrivé de vouloir chercher un mot pour en avoir la définition ou pour s’assurer de sa bonne orthographe. C’est cependant un peu compliqué quand on ne sait pas trop comment le mot en question s’écrit. Le TLFi vous permet de trouver ce que vous cherchez, même si vous ne l’écrivez pas nécessairement comme il se doit.

On peut aussi y faire des recherches spécialisées par domaine ou même par suffixe!

Le seul bémol de cette ressource est que sa rédaction s’est terminée en 1994 et qu’il ne s’agit pas d’une base de données qui est mise à jour régulièrement. Vous n’y retrouverez donc pas tous les nouveaux termes qui ont vu le jour après sa mise en ligne.

Pour y accéder, rendez-vous au atilf.atilf.fr/tlf.htm.

Et puis, ces longs mots?

J’espère que vous ne souffrez pas d’hippopotomonstrosesquipédaliophobie (peur des mots trop longs, par plaisanterie, évidemment)! En voici quelques-uns, pour le plaisir :

  • Dichlorodiphényltrichloroéthane – 31 lettres, il s’agit simplement du DDT écrit au long;
  • Œsophago-gastro-duodénoscopie – 28 lettres, examen endoscopique (donc au moyen d’une caméra) du système digestif, de l’œsophage au duodénum;
  • Orthochlorobenzalmalonitrile – 30 lettres, un gaz lacrymogène.

Pas trop mal à la tête?

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