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L’entrepreneur en pyjama

Le travail à la maison, c’est la réalité de bien des entrepreneurs, du moins, à leurs débuts. Quand j’ai perdu mon emploi en 2014, j’avais déjà quelques clients et j’ai décidé de commencer à travailler à mon compte. Quand je l’ai annoncé à mon entourage, les réactions étaient plutôt… mitigées. Évidemment, tout le monde disait être content pour moi, mais j’ai eu droit à toutes sortes de commentaires :

« Ah, moi, je serais jamais capable de me motiver. Comment tu vas faire? »

« Ouf, tu ne sortiras plus de chez vous, tu vas virer folle. »

« T’as pas peur de te sentir trop seule? »

Et ainsi de suite.

Au début, l’attrait de la nouveauté fait qu’on devient une machine. On cherche des clients, on travaille super bien et on est bien content d’aménager son bureau. Enfin, plus de collègues pour nous déranger à tout bout de champ! À nous la sainte paix! En plus, on peut travailler en pyjama.

Tout ça finit par finir et on se retrouve ensuite à devoir trouver des manières de se motiver pour arrêter de procrastiner. On doit aussi trouver des moyens de contrer la solitude; après quelques mois, on finit par les regretter, les collègues fatigants.

La réalité, c’est que travailler de la maison, ce n’est pas toujours facile. On doit trouver des trucs pour optimiser sa productivité et éviter de finir en ermite. J’ai donc rassemblé de petits trucs qui m’ont fait beaucoup de bien afin d’aider d’autres entrepreneurs, débutants ou non, à mieux vivre le fait de travailler chez eux.

Commencer la journée sans procrastiner

AH! AH! AH! Quelle bonne blague! On dirait que je viens de nommer la dernière mission impossible. La procrastination, c’est le lot de nombreux entrepreneurs, mais c’est aussi pas mal tabou. Tout le monde le fait, mais personne n’en parle, parce que ça paraît mal. Eh bien, moi je vais le faire. À mes débuts, je l’avoue, j’étais la reine de la procrastination. S’il y avait eu un championnat mondial de procrastination, j’aurais sûrement gagné. Tiens, voilà, c’est dit. 

Sachez que si c’est votre cas, vous n’êtes pas seuls. Qui n’a jamais remis ses tâches à plus tard? C’est ce que je pensais, personne. Ce n’est toutefois pas une maladie incurable! On finit par s’en sortir avec les bons trucs. Pour certaines personnes, ce n’est pas juste une question de se donner un coup de pied là où le dos perd son nom (allez, pas besoin d’un dessin, vous avez compris); c’est un problème qui leur empoisonne l’existence et qui les empêche d’exploiter leur plein potentiel.

Pour remédier aux débuts de journée difficiles, certains disent de commencer par la tâche la plus désagréable pour arrêter de la remettre à plus tard et pour que le reste soit plus motivant par la suite. D’autres disent de commencer par la tâche la plus facile (ou l’étape la plus facile de votre première tâche) pour au moins faire une action qui en engendra d’autres. Essayez donc les deux! Personne ne fonctionne de manière identique et vous verrez ce qui convient le mieux. Dans mon cas, j’aime mieux commencer par l’étape la plus facile. On dirait qu’une fois que je suis partie, tout va bien. Dans le fond, je suis une grosse locomotive diesel; je profite simplement de l’inertie. J’ai une amie qui aime particulièrement se débarrasser des tâches qu’elle déteste en raison du sentiment de fierté que ça lui apporte. 

Forever alone… ou pas!

Après avoir réussi à commencer mes journées sans procrastiner pendant des heures, j’ai aussi dû régler le problème de la solitude. J’étais bien contente d’avoir la paix, mais je travaillais seule, je mangeais seule, je m’entraînais seule… J’ai beau être plutôt introvertie, ça a fini par peser sur mon moral. J’ai dû m’obliger à sortir et j’ai pris l’habitude de faire quelque chose avec des amis une fois par semaine. Je sais que j’ai l’air de vous dire d’utiliser votre gros bon sens, mais ça va plus loin que ça. Plus on s’isole, moins on a envie de voir du monde, même si on en a grand besoin. C’est là que le coup de pied au… intervient. Obligez-vous à le faire. Réservez une plage horaire chaque semaine dans votre agenda et sortez. 

Ces deux-là m’aident à contrer la solitude au quotidien.

Ma qualité de vie s’est aussi beaucoup améliorée depuis que j’ai des chiens. Ça me pousse à sortir pour prendre l’air et à interagir avec des humains lorsque nous suivons des cours. N’allez pas vous imaginer que je vous dis d’aller vous chercher un chien! Je dis simplement que si vous avez un animal de compagnie ou pensez en adopter un, ça fait du bien. Au lieu de me parler toute seule, au moins là, quelqu’un m’écoute.

On finit par s’ennuyer des collègues qu’on trouvait fatigants

Oui, oui, eux! Que ce soit pour l’aspect social ou pour leur expertise, on a quand même besoin de nos collègues. De mon côté, j’ai une amie qui organise des réunions de planification hebdomadaire le lundi matin. J’y assiste sans faute! On fait un peu de remue-méninges, on fait le bilan de la semaine précédente et on planifie la semaine à venir. C’est productif et ça fait du bien au moral.

Si vous n’avez personne pour faire ce genre d’activité, allez réseauter! Je fais partie d’une section BNI et je me présente chaque mardi au déjeuner réseautage. Ça me permet non seulement d’élargir mon réseau, mais aussi d’entretenir mes aptitudes sociales. J’ai aussi assisté à des 5 à 7 et à des soupers réseautage. Bref, ça dépend de chaque personne, mais les formules varient et c’est très facile de trouver quelque chose d’intéressant.

Et si, malgré tout, c’était trop difficile?

Ça arrive et il ne faut pas hésiter à en parler et à aller chercher de l’aide. J’ai connu des entrepreneurs et des travailleurs autonomes qui ont énormément souffert de la solitude. Certains d’entre eux ont consulté et ont pris des mesures pour améliorer leur qualité de vie, d’autres ont choisi de changer de carrière. Peu importe ce que vous choisirez de faire, faites-le pour vous.

Pour les autres, j’espère que mes petits trucs vous aideront à mieux travailler de la maison!

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